
Alexandre Piatti
Coordonnées et horaires
Contact
11 Rue de Beaune, 75007 Paris, France
Horaires
Du lundi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h.

À propos
Alexandre Piatti a ouvert sa galerie en 2010 au sein du quartier « Carré Rive Gauche » à Paris et met un point d’honneur à défendre la Haute Époque.
Fils d’antiquaire, il a évolué dans le monde de l’art dès sa plus tendre enfance, proposant donc une marchandise qui lui est intime.
La Haute Époque est une période vaste englobant des objets d’un éclectisme rare et singulier. Pourtant, Alexandre Piatti est toujours parvenu à manier l’exposition de ses différentes pièces, sélectionnées avec soin, afin de créer une harmonie et une identité.
La galerie a pour ambition d’actualiser et d’offrir une nouvelle modernité à des oeuvres ayant marqué l’art du Moyen-Âge et de la Renaissance.
La Haute Époque est une période vaste englobant des objets d’un éclectisme rare et singulier.

VIERGE À L'ENFANT Lorraine, vers 1330-1340
Cette monumentale Vierge à l'Enfant, sculptée en pierre calcaire polychromée, provient de l'ancienne abbaye cistercienne de Haute-Seille, en Lorraine. Haute de 171 cm, elle compte parmi les plus importantes sculptures gothiques conservées de la région et témoigne du raffinement des ateliers lorrains du premier tiers du XIVᵉ siècle.
Influencée par la sculpture parisienne de la fin du XIIIᵉ siècle, elle se distingue par son élégante silhouette en contrapposto, la fluidité de son drapé et la douceur du dialogue entre la Vierge et l'Enfant. Celui-ci tient un petit oiseau, motif emblématique de l'iconographie médiévale évoquant à la fois son innocence et l'annonce de la Passion.
Conservée durant plusieurs siècles dans l'église abbatiale de Haute-Seille, cette sculpture illustre la place essentielle de la dévotion mariale au sein de l'ordre cistercien. Malgré les destructions successives qu'a connues l'abbaye au fil de son histoire, elle est parvenue jusqu'à nous dans un état de conservation exceptionnel, conservant plusieurs campagnes de polychromie.
Classée Monument historique au titre objet depuis 1964, cette Vierge à l'Enfant constitue un témoignage majeur de la sculpture gothique lorraine. Par sa monumentalité, la qualité de son exécution et sa provenance prestigieuse, elle s'impose comme l'une des œuvres les plus remarquables de cette production médiévale.

PLUTEO DOUBLE-FACE Italie du Nord, XIIᵉ siècle
Ce remarquable pluteo roman en marbre, sculpté sur ses deux faces, provient vraisemblablement d'Italie du Nord, l'un des grands foyers de la sculpture monumentale au XIIᵉ siècle. Destiné à former la clôture liturgique séparant le chœur de la nef, il ne constituait pas un simple élément architectural mais un véritable support d'enseignement, invitant les fidèles à méditer sur les grands thèmes de la foi chrétienne.
La première face représente le jeune David affrontant le lion et l'ours, épisode tiré du Premier Livre de Samuel. Dans l'exégèse médiévale, ce combat dépasse le récit biblique pour devenir une image de la victoire de la foi sur les forces du mal. Figure royale et préfiguration du Christ, David incarne le souverain juste et le chrétien victorieux, dont la confiance en Dieu triomphe de la violence et du désordre.

PLUTEO DOUBLE-FACE Italie du Nord, XIIᵉ siècle
La seconde face présente une centauresse portant un lourd fardeau. Héritée de l'Antiquité mais profondément réinterprétée par l'art roman, cette créature hybride symbolise la dualité de l'homme partagé entre raison et instinct. Le poids qu'elle supporte devient une image du péché, invisible par nature mais rendu sensible par la sculpture, rappelant au fidèle les conséquences spirituelles de l'abandon aux passions.
Par son exceptionnelle iconographie biface, ce pluteo développe une véritable méditation visuelle sur l'opposition entre vertu et vice, salut et damnation. Son style, proche des ateliers d'Émilie-Romagne héritiers de Wiligelmo et de Niccolò, témoigne de la richesse de la sculpture romane italienne, où la puissance expressive des formes se met au service d'un message théologique d'une remarquable profondeur.

COLONNE ROMANE D'INSPIRATION BYZANTINE Toscane, région de Lucques, XIIᵉ siècle
Cette élégante colonne en marbre, sculptée en Toscane au XIIᵉ siècle, témoigne du raffinement des ateliers romans de la région de Lucques, alors l'un des principaux centres artistiques d'Italie. Entièrement ornée d'un décor en relief, elle déploie sur toute sa hauteur un réseau de rinceaux végétaux qui accompagne naturellement l'élan vertical de la colonne et guide le regard vers le haut.
Au sein de cette végétation foisonnante prennent place des oiseaux et des têtes de griffons, intimement mêlés aux volutes. Bien plus que de simples éléments décoratifs, ces créatures appartiennent au vocabulaire symbolique de l'art roman. Les oiseaux évoquent l'élévation de l'âme, tandis que le griffon, créature réunissant l'aigle et le lion, incarne la rencontre du monde terrestre et du monde céleste, ainsi que la vigilance protectrice.
Ce décor appartient à la tradition du tralcio abitato, ou « rinceau habité », héritée de l'Antiquité puis profondément renouvelée par l'art paléochrétien et byzantin. Les formes végétales, inspirées de l'acanthe antique, s'animent ici d'une vie nouvelle où plantes, animaux et créatures fantastiques fusionnent dans une composition continue d'une remarquable élégance.
Par son vocabulaire ornemental et sa forte dimension symbolique, cette colonne illustre parfaitement les échanges artistiques entre les traditions byzantines et romanes dans l'Italie du XIIᵉ siècle. Comparable aux célèbres colonnes de la façade de l'église San Martino de Lucques, elle constitue un rare témoignage de la sculpture architecturale médiévale, où l'ornement participe pleinement à l'expression d'un cheminement spirituel vers le divin.
