Description
Le modèle de ce Coq de combat a été présenté pour la première fois, en bois, au Salon d’automne de 1928. Le bois, surtout le bois dur, est le matériau qui a la préférence de Gaston Le Bourgeois même s’il en a travaillé bien d’autres tels que la pierre, l’ivoire, même le ciment ou la feuille de plomb. Le coq est un sujet qu’il a maintes fois représenté, puisqu’ayant toujours vécu entouré d’animaux, il choisit volontiers ses modèles dans un bestiaire familier. Cependant que ce soit pour ce sujet ou pour tous les autres sujets animaliers qu’il réalise seuls quelques uns seront aussi déclinés en bronze.
Le Coq de Combat fait partie de ceux-là.
L’artiste est perfectionniste et a trop conscience des exigences de chaque matériau pour admettre une confusion des techniques. Ainsi dans la construction du volume les superpositions de plans vont davantage au bois, tandis que le métal est plus adapté à un agencement par grandes masses qui permet à la lumière, en glissant, d’accuser le modelé. Il faut donc trouver un sujet approprié à ces deux matériaux dont la structure peut être exprimée par un ensemble de figures géométriques.
Par sa ligne élégante depuis le port de tête bien droit, le cou long et puissant, le corps incliné et galbé par des ailes serrées et un poitrail musclé que portent deux robustes et hautes pattes animées de saillants ergots et qui se termine par une longue queue courbée, la figure du Coq de combat répond parfaitement à cette condition.
Une étude minutieuse et une parfaite connaissance du modèle permettent à l’artiste de le synthétiser tout en conservant l’expression fière voire arrogante et combative du roi de la basse-cour.
Le bronze est traité de manière à rappeler le travail à la gouge du bois, ce qui offre un jeu subtil et délicat de diffusion vibrante des ombres et de la lumière.
Extrêmement exigeant et souhaitant contrôler l’édition en bronze de ses modèles il fait appel à la Maison Colin pour ses fontes et en limite le nombre à quelques exemplaires numérotés.
La fonderie Colin, en grande partie formée à l’École Boulle, souhaite rajeunir ses modèles et mettre sa production en harmonie avec la création contemporaine. Désireuse de devenir une réelle fonderie artistique elle est très compréhensive à l’égard de l’artiste et le laisse intervenir en toute liberté sur son travail. Ainsi Gaston Le Bourgeois transforme l’atelier de ciselure en créant un outillage qui lui est plus adapté. Il accorde également une grande importance à la patine, réalisée au chalumeau pour obtenir des tonalités chaudes et profondes telle que la belle couleur brun nuancé de notre bronze.
Il porte par ailleurs une attention particulière à la recherche des socles qui, selon le cas sont en bronze ou en marbre, mais toujours adaptés en couleur et en proportion avec la pièce qu’ils supportent.
Ainsi notre exemplaire, numéroté 6, repose sur un socle en obsidienne acajou qui s’accorde à merveille avec sa patine.